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Lucioles 2011 (Domaine Modat)

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Bonjour,

il fait 15° à Paris et il existe des rencontres du troisième type.

Après deux jours d’un accueil chaleureux et de souvenirs indélibiles chez Jean-Louis Tribouley il était temps pour nous de migrer à Cassagnes, au Domaine Modat. Philippe Modat nous avait prévenus par email que le lieu était idyllique. En arrivant force était de constater qu’il pesait ses mots…

Modat, c’est une de ces belles histoires où racines et passion se croisent. Henri, le père, d’abord. Rugbyman et flic monté à Paris, commissariat de la rue de la Faisanderie pour être exacte, garde au creux de son coeur l’amour du pays, le lien de la terre et ce sang qui en découle et qui forge les amitiés; le vin. Retraite prise, il redescend comme on dit, et reprend 20 hectares de vignes qui, alors, paraissent une folie.

Philippe, le fils, ensuite. Brillantes études, magistrature, le vin comme fil conducteur de rêves, de relations, de découvertes. Les 20 hectares, il va en faire un défi, un but, un contrat d’honneur avec lui-même. Amoureux du lieu, fort de son amour vino-filial, il va tout faire pour d’abord comprendre, ensuite raconter.

Henri et Philippe donc. Les Modat. La preuve, et la force, par deux.

C’est Henri qui nous a accueillis, avec sa chienne dont le nom (Sprint? Speedy?) m’échappe. Un sourire, un regard, une allure, sincèrement heureux de partager avec nous cet endroit qui est sa fierté. Il s’émerveille avec nous de cette vallée de l’Agly à la lumière technicolor, du Canigou, majestueux, au Sud et nous indique le Château de Quéribus qui nous toise, au Nord. Le maquis nous entoure, les vignes nous sourient, idyllique est un bien faible mot.

L’émotion première de ce lieu bien installée en nous, regards qui en disent long échangés avec ma louve et PlayTime, les premières gouttes de ce qui sera un bel apport hydrique plus tard dans la soirée nous rappellent à l’ordre. Henri nous ouvre la grande porte du chai, nous guide en haut de l’escalier dans le bureau, et immédiatement on voudrait vivre là. Ou alors, devenir cette grande fenêtre pour ne plus jamais être confrontés à autre chose qu’à la perfection. Nature, à perte de vue, vignes, en mer sereine, oiseaux, monts, des siècles d’histoire et des milliers d’hommes s’inscrivent dans cette vision presque irréelle.

Henri nous parle, il est drôle et touchant. Puis nous faisons remarquer que le vin, c’est bien d’en parler, mais… Et il acquiesce en ouvrant les bouteilles. Il se fait faux timide pour mieux laisser parler les vins, se moque gentiment de mes envolées lyriques et se retrouve dans les sensations plus clairement exprimées par mes compagnons de voyage.

La lumière baisse, la pluie cesse pour un instant, il est l’heure de planter notre tente. Henri nous indique plusieurs endroits possibles, nous optons pour celui, un peu à l’écart, à la vue la plus imprenable. Avant de lui dire au revoir, nous achetons à Henri quelques bouteilles pour la suite du périple dont une de la cuvée Lucioles pour le repas du soir.

Henri part, nous échangeons nos impressions, notre émotion, cette sensation de partage et d’ouverture qui ne cesse de croître depuis le début du périple. Une fois encore, un vigneron qui ne nous connaît qu’à peine, nous laisse son domaine, nous propose de laisser le chai ouvert au cas où nous serions surpris par une tempête, nous laisse un accès libre à son patrimoine, sa terre, en nous accordant une confiance digne d’émoi. Belle leçon de vie.

PlayTime et moi plantons la tente, la louve prépare le repas et nous nous retrouvons face à cette vue qui brûle nos rétines pour ouvrir la bouteille de Lucioles, la bien nommée.

Le fenouil sauvage cueilli par la louve pour la salade se reflète dans le vin et se mêle à des notes de fleurs blanches. Viognier, Grenache Gris, Roussanne et Carignan Blanc dansent ensemble sur une symphonie acide et minérale. Ample et frais, dense et lumineux à la fois, c’est un beau représentant du domaine, mêlant la tradition à l’innovation. En dégustant le vin, nous portions des lampes frontales, tout comme les vendangeurs qui ramassent les raisins de cette cuvée en partie de nuit. Lucioles temporaires, instant éphémère d’immensité, je pense que tous les trois nous avons senti comme une halte, une pause, dans ce voyage et nous sommes rendus compte à ce moment précis, tout ce qu’il allait nous apprendre.

Henri, Philippe, merci.

Vinicolement vôtre,

Judith S.

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Written by jjscenario

August 31, 2012 at 13:33

2 Responses

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  1. Mon premier carnet de voyage, merci :)

    la louve

    August 31, 2012 at 18:49

  2. [...] we woke up at Domaine Modat, it was after a windy and stormy night that brought us little rest but provided much needed water [...]


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